Et si la mythologie grecque pouvait attirer davantage de publics dans les musées ? C'est la conviction de Cyrille Ballaguy, doctorant en muséologie à Lille qui inaugure notre podcast Poster.

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Ne lancez pas Cyrille Ballaguy sur la mythologie grecque sans vous être préalablement assuré de disposer d'au minimum une bonne heure devant vous. Cyrille Ballaguy est intarissable dans ce domaine.

Sa thèse porte sur la valorisation des épisodes de mythologie greco-latine dans les musées des Beaux-Arts des Hauts de France. Son idée : inventer des dispositifs qui fassent un lien direct entre les oeuvres d'art qui évoquent ces épisodes mythologiques à des éléments de culture populaire qui parlent au plus grand nombre. Car, souligne Cyrille, "la mythologie grecque est partout : dans les jeux vidéos, le cinéma, la bande dessinée, etc. !" Quel meilleur moyen pour accrocher les publics les moins sensibilisés à l'art que de leur parler d'une sculpture ou d'un tableau au travers d'un film ou d'un dessin animé qu'ils connaissent bien et qui font référence, même lointainement, à la mythologie grecque ? Oui, on peut utiliser les Chevaliers du Zodiaque, La Colère des Titans ou le très bradpittien Troie, si cela aide à créer des ponts, si cela permet d'amorcer un dialogue entre le public et les oeuvres.

Vulgariser, coûte que coûte

Son idée n'est pas qu'une conviction abstraite, au reste. Cyrille Ballaguy n'a pas encore terminé sa thèse qu'il multiplie déjà les actions de communications scientifiques. Il teste à peu près tous les formats : le pitch de science avec Ma Thèse en 180 Secondes, la scène avec l'association "Les Vulgaires", écrit pour des magazines de vulgarisation comme Archéo Junior, tient le blog "Pas de mythos entre nous", conduit des ateliers auprès de jeunes publics, etc.

"L'erreur, c'est de prendre les gens pour des cons. Il faut partir du principe que, même si elle n'y connait rien, une personne à toujours quelque chose à dire sur l'oeuvre d'art qu'on lui montre." Partir de ce que la personne connaît, aller au-delà de sa timidité naturelle en lui présentant une oeuvre sous un jour familier, c'est, pour Cyrille Ballaguy, le premier travail du médiateur culturel, scientifique ou non. Et on sent bien, en le quittant après avoir réalisé son interview, que sa conviction n'est pas près de s'éteindre. Tant mieux.


Depuis cette interview, Cyrille Ballaguy a soutenu sa thèse et a quitté Lille pour la Corse, où il est désormais chargé des publics du musée archéologique de Mariana, non loin de Bastia.