Hier, dans toute la France, différentes actions et manifestations étaient organisées dans de nombreuses universités et laboratoires contre la future Loi de programmation pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Margot Brunet était à Paris à la rencontre de chercheuses et chercheurs présents à l'une des ces manifestations.


C'est sous un soleil inattendu que se rassemblent, en ce jeudi 5 mars, de nombreux enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs de recheche et personnels administratifs, sur le site des Grands Moulins, à Paris. Certains d'entre eux étaient, le matin même, dans leurs laboratoires ou universités pour y mener des actions de protestations, comme ce jet de blouses à l'Institut Pasteur. Toutes et tous sont réunis pour faire entendre leurs craintes à l'égard de la future loi sur la recherche, encore en préparation, mais déjà contestée.

Manifester alors que le projet de loi n'est pas finalisé et n'a pas fait l'objet d'une présentation en conseils des ministres, n'est-ce pas prendre le risque, pour les détracteurs de la LPPR, de se mobiliser à contre-temps ? Pas pour de nombreux manifestants que Margot a pu rencontrer, qui estiment que l'"on en sait déjà assez" sur la loi, marquée selon eux du sceau de la compétition exacerbée entre chercheurs. C'est l'avis, par exemple, de ce jeune chercheur de l'Institut Pasteur.

"Même si la ministre ne veut pas nous faire connaître la loi, il y a ses annonces, il y a les rapports préparatoires" renchérit Samuel Hayat, chercheur au CNRS, membre actif de cette mobilisation.

"Des postes !"

Dans cette manifestation, aux slogans très nombreux - les mots d'ordre allaient de la réforme des retraites à la précarité des revues scientifiques - deux revendications majeures se sont surtout faits entendre. La première concerne sans l'urgence de création de postes pérennes supplémentaires à l'université et dans les centres de recherche.

Une autre inquiétude exprimée plusieurs fois au micro de Margot Brunet concerne la place que la future loi semble devoir accorder aux activités d'enseignement, dévolues par définition aux enseignants-chercheurs. Beaucoup craignent d'être considérés comme des chercheurs de seconde zone. C'est le sens des propos tenus par cette maitresse de conférences.

La question des financements récurrents des chercheurs est aussi dans toutes les bouches. Beaucoup des manifestants nous ont dit s'inquiéter de voir les financements de la recherche de plus en plus dépendants d'appels à projets au détriment de financements récurrents de l'activité des travaux de recherches.

Après la pluie, le beau temps ?

Débutée sous le soleil, la manifestation a rapidement été rejointe par la pluie. D'où des arcs-en-ciel que beaucoup ont pu immortaliser sur le hashtag #5marslive que nous avions lancé sur Twitter. Comme un symbole ?

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