Avant-hier, le Conseil Européen de la Recherche publiait la liste des chercheurs juniors dont les projets bénéficieront d'une substantielle subvention européenne. 408 projets ont été retenus pour un montant total de 621 millions d'euros. Quel bilan peut-on faire de cette édition côté français ? Réponses en quelques graphiques interactifs.

L'édition 2019 en bref

Pour rappel, ces subventions s'adressent à des jeunes chercheurs deux à sept après l'obtention de leur thèse. Le montant de la bourse peut aller jusqu’à  1,5 million d'euros versés sur 5 ans.

Nombre de nationalités représentées 51
Nombre de pays représentés 24
Nombre total de projets déposés 3106
Nombre de projets retenus 408
Taux de succès 13.10%
Nombre de lauréates 154
Nombre de lauréats 254

Voilà pour les chiffres clés communiqués par le Conseil Européen de la Recherche. Pour aller plus loin, il nous a semblé intéressant, en nous basant sur la liste des lauréats fournie par le Conseil Européen de la Recherche, de regarder :

  • la répartition des bourses ERC Starting Grant par pays ;
  • l'évolution sur les 10 dernières années de la participation française aux ERC Starting Grant ;
  • la répartition de ces bourses entre organismes en France ;
  • la répartition par disciplines en France ;
  • la répartition hommes / femmes parmi les récipiendaires 2019.

NB : le Conseil Européen de la Recherche ne semble pas communiquer sur la nationalité des lauréats. On sait seulement que 51 nationalités sont représentées. Sont indiqués, dans les documents que nous avons pu consulter, le pays dont fait partie l'institution dans le cadre de laquelle est conduit le projet. Les deux ne se superposent pas systématiquement, évidemment. Un chercheur italien peut tout à fait remporter un starting grant pour un projet conduit en France, par exemple.


L'Allemagne, loinnnnnnn devant

Sur les 24 pays dont ressortissent les institutions d'où sont issus les lauréats de cette édition, le record du plus grand nombre de bourses ERC Starting Grant est détenu par l'Allemagne, suivi du Royaume-Uni (il y aurait beaucoup à dire sur les conséquences du Brexit à venir sur ce sujet) et des Pays-Bas. Cette position s'explique évidemment notamment par le poids démographique de l'Allemagne. La France arrive en 4e position avec 41 projets. On notera dans le top 10 la présence de deux pays non membres de l'Union Européenne mais associés au processus H2020 : la Suisse et Israël, qui arrivent respectivement en 5 et 6 position.

Un tableau à comparer avec celui, ci-dessous, de la répartition de ces bourses par pays de l'origine :


Évolution de la participation française

L'édition 2019 est-elle, pour la recherche française, un bon cru ? Globalement, elle reste dans la moyenne.

Il est d'ailleurs intéressant de regarder comment se situe la France du point de vue du taux de succès des dossiers présentés.


En France, le CNRS se taille la part du lion

Avec 25 projets - contre 21 en 2018 et 27 en 2017, le CNRS est logiquement en tête des organismes français recueillant des bourses ERC Starting Grant, reflet de son poids dans la recherche hexagonale. Viennent ensuite, loin derrière, l'Université Grenoble Alpes et l'INSERM. Le CNRS s'est, ces dernières années, engagé dans une politique de communication et d'accompagnement de ses chercheuses et chercheurs très volontariste.


En France, les sciences sociales minoritaires

Sur les 41 projets retenus, seuls 6 sont portés dans le cadre du panel "Social Sciences and Humanities". Sur les 6, 5 sont portés par des femmes.


Plus de lauréates que de lauréats en France

Dernier point : comment se répartissent les récipendaires d'un Starting Grant entre femmes et hommes ? Les femmes remportent le match.

N'hésitez pas à partager votre point de vue sur ces graphiques. Et si vous lisez ces lignes et que vous comptez parmi les 41 récipiendaires d'une bourse ERC Starting Grant, eh bien... félicitations !